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PARACHUTE 113
ÉCRANS NUMERIQUES_DIGITAL SCREENS
01. 02. 03. 2004
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Conseillers spéciaux_Special Advisers >
Olivier Asselin et Alain Depocas
Écrans numériques_Digital
Screens
par_by Olivier Asselin
L’écran en voie de disparition (toujours
inachevée)
The Disappearing Screen: An incomplete Matter
par_by Christine Ross
Pour une poétique de l’espace
augmenté
par Lev Manovich
Interface, corporéité et intermédialité.
Sonata de Grahame Weinbren
par Bruno Lessard
Televisual Flesh: Activating Otherness in New
Media Art
La chair télévisuelle et l’activation de l’altérité
dans les nouveaux médias
by_par Amelia Jones
Debased Projection and Cyberspatial Ping: Chris
Marker’s Digital Screen
by Timothy Murray
L’interactivité à l’écran
par Christophe Gauthier
The Screen of net.art
by Valérie Lamontagne
Real-Time Futures: Five Notes on the Work of
Wolfgang Staehle
by John Menick
Building Perceptions: Architecture and the
Hypersurface Experience
by Marc Steinberg
Para-para

Écrans numériques
Nous sommes entrés de plain-pied dans la “société
de l’écran”. Les écrans numériques
prolifèrent, autour du corps, dans l’espace privé
comme dans l’espace public, dans les foyers et les bureaux,
sur l’architecture, dans les transports et partout ailleurs
dans la ville. Ils exercent un quasi-monopole, non seulement sur
l’information et les communications, sur la culture et le
divertissement, sur la publicité et la consommation, mais
aussi sur la production, sur le travail, les échanges et
l’économie générale, comme sur les administrations,
le juridique et, bien sûr, le politique. Ils sont maintenant
comme un médiateur universel ou, mieux, un nouveau milieu.
Ces écrans numériques dialoguent incessamment avec
tous les autres types d’écrans et de médias
traditionnels et modernes – comme le livre, la presse, le
cinéma, la vidéo, la radio, la télévision
et le radar –, ils en assimilent certains traits décisifs,
ils les transforment radicalement, ils les rassemblent en eux et
s’y substituent progressivement avec la convergence des médias.
Le support, la forme, le format, les dimensions de ces écrans
numériques sont infiniment variables et par conséquent
adaptables: ils peuvent être lumineux ou de projection, cathodiques
ou à cristaux liquides, géants ou miniatures, épais
ou plats comme du papier, installés dans un espace ou portatifs
à même le corps, etc. Leur structure, de même:
ils peuvent présenter une seule fenêtre, qui ouvre
sur un paysage et, de là, sur une histoire, dans une certaine
continuité spatio-temporelle et narrative, ou encore des
fenêtres multiples, des menus et des boîtes de dialogues,
des liens hypertextuels, qui cultivent partout la discontinuité
– le montage. Les images et les signes qu’ils présentent
sont instables, ils entretiennent une relation complexe avec ce
qu’ils représentent, qui peut être indicielle,
analogique ou purement conventionnelle, actuelle ou virtuelle, factuelle
ou fictionnelle, différée ou directe – en temps
réel.
Ils établissent aussi de nouveaux rapports avec le sujet,
qui, désormais, n’est plus seulement un spectateur,
mais aussi un acteur, non seulement un récepteur, mais aussi
un producteur, bref un usager: par toutes sortes d’interfaces
qui le lient à l’écran – le clavier, la
souris, le pad, le stick, l’écran
tactile, le détecteur de mouvement, la caméra vidéo
et les systèmes de reconnaissance visuelle, le casque, la
combinaison et les senseurs, etc. –, le sujet retrouve une
certaine mobilité, il devient actif et l’écran
interactif. L’écran permet de parfaire l’illusion
perceptuelle, l’immersion totale du spectateur dans l’image,
une navigation du regard et du corps, comme à travers une
fenêtre, au-delà de l’écran,
dans un monde virtuel. Il peut aussi augmenter la maîtrise
du sujet sur le réel, par la surveillance et la détection,
la transmission de commandes et l’action à distance,
comme un panneau de contrôle. Ou encore, il peut
établir un dialogue entre l’usager et d’autres
usagers dans un réseau, pour favoriser l’échange
de messages et d’informations, comme au milieu d’une
agora ou d’une diaspora.
Plusieurs ont pronostiqué la disparition de l’écran
ou, plutôt, son invisibilité progressive. Comme si
le dispositif de la réalité virtuelle – ou plus
généralement celui du trompe-l’œil –
avait été le paradigme même de l’image
technique, ces critiques semblaient supposer que l’horizon
des nouvelles technologies était l’immersion totale
du spectateur dans l’image, c’est-à-dire le remplacement
complet du champ perceptuel par une représentation, l’oubli
du corps et de l’espace réels et la navigation dans
un corps et un espace virtuels. De ce point de vue, le problème
principal des nouvelles technologies était celui du brouillage
de la frontière entre le réel et le virtuel, le factuel
et le fictionnel – et la régression dans un imaginaire
préœdipien.
Mais, comme le note justement Lev Manovich dans ce numéro,
nous assistons à la naissance d’un autre paradigme,
pas nécessairement concurrent, mais plus complexe. En fait,
l’écran n’a pas disparu, le monde réel
n’a pas été éclipsé par le monde
virtuel, bien au contraire: aujourd’hui, l’écran
est omniprésent, il se multiplie dans le monde réel
lui-même, qui se trouve ainsi, non pas réduit, mais
augmenté. Grâce à la miniaturisation et au développement
de la technologie sans fil notamment, les écrans se multiplient
dans l’espace physique, avec le téléphone cellulaire
et l’ordinateur portatif autour du corps, le système
mondial de positionnement (GPS) dans les voitures, les écrans
dans l’architecture, sur les façades et dans les maisons,
sur les objets les plus divers, etc. Il n’est pas un lieu,
pas un objet, pas un corps, qui ne soit potentiellement doté
d’un écran et/ou d’une caméra, et qui
ne puisse devenir ainsi interactif et branché sur un réseau.
En ce sens, l’opposition entre le virtuel et le réel,
entre l’immersion et le dialogue, entre l’image-représentation
et l’image-instrument, entre la fenêtre et le panneau
de contrôle, ne tient plus: l’écran est à
la fois l’un et l’autre, l’immersion est toujours
dialogique, l’instrument est nécessairement une représentation,
le réel est traversé de virtualités. Et notre
expérience est essentiellement mixte et même hétérogène:
ainsi trouée par une multitude d’écrans et de
caméras qui, sans cesse, captent et transmettent des images,
exportent et importent des informations variées, notre expérience
met en relation des espaces et des temps différents, proches
et lointains, privés et publics, présents, passés
et futurs, réels et virtuels, factuels et fictionnels –
comme une passoire à plusieurs dimensions.
Dans la réalité ainsi partout augmentée et
constamment surveillée, l’écran fonctionne à
la fois comme une peau ou un cordon ombilical rassurant, qui nous
lie sans cesse à autrui, et comme un œil toujours ouvert,
un regard omniprésent qui, toujours et partout, nous rappelle
à notre devoir. Il est à la fois une partie du corps
maternel et un représentant du surmoi.
Les textes rassemblés ici examinent ce nouveau statut de
l’écran, entre l’image et l’instrument,
comme une surface interface, interactive et communicationnelle,
c’est-à-dire dialogique. Lev Manovich et Christine
Ross s’interrogent sur le sort actuel de l’écran
entre sa disparition annoncée dans l’immersion et son
retour attesté dans l’espace “augmenté”.
Amelia Jones, Bruno Lessard et Valérie Lamontagne considèrent
l’écran interactif comme une surface de contact, tactile,
corporelle, intersubjective, où le temps, le récit
et le sujet sont constamment reconfigurés. Christophe Gauthier
et Timothy Murray se penchent sur le cas du Webfilm, qui constitue
non seulement un nouveau mode de diffusion des images en mouvement,
mais aussi, bien sûr, une nouvelle manière de raconter
et de lire, de montrer et de voir. Enfin, John Menick et Marc Steinberg
considèrent le dialogue complexe qu’entretiennent l’écran
et l’espace public avec l’inscription de l’écran
dans l’architecture et la surveillance généralisée.
OLIVIER ASSELIN

Digital Screens
We have entered headlong into the “society of the screen.”
Digital screens proliferate – around the body, in private
as well as public spaces, in homes and offices, on buildings, in
public transit and everywhere else in the city. They exercise a
near-monopoly, not only on information and communications, on culture
and entertainment, advertising and consumption, but also on production,
on work, on exchange and the economy in general, as well as on government,
the judicial system and, of course, politics. Today they are a sort
of universal mediator, or better yet, a new environment.
These digital screens carry out a constant dialogue with every
other kind of screen and with traditional and modern media –
such as books, printed media, film, video, radio, television, radar
– assimilating some of their distinctive features and radically
transforming them, gathering them in and, with the convergence of
media, gradually taking their place. The support, form, format and
dimensions of these digital screens are infinitely variable, and
thus adaptable: they can be luminous or projected upon, cathodic
or liquid crystal, giant or miniature, thick or paper-thin, installed
in a space or carried about on the body, etc. The same is true of
their structure: they can offer a single window, opening onto a
landscape and, from there, onto a story, maintaining a degree of
spatio-temporal and narrative continuity; or they can offer multiple
windows, menus and dialogue boxes, and hypertextual links which
everywhere cultivate discontinuity – montage. The images and
signs they offer up are unstable and maintain a complex relationship
with what they represent. This representation can be indexical,
analogic or purely conventional, real or virtual, factual or fictional,
pre-recorded or live – in real time.
They also establish new ways of relating to the subject, who is
now no longer a spectator but also an actor, not only a receiver
but also a producer; in short, a user: by means of all the interfaces
that connect the subject to the screen – the keyboard, mouse,
pad, stick, touch screen, motion detector, video camera and visual
recognition system, the helmet, suit, sensor, etc. – the subject
recovers a degree of mobility. The subject becomes active and the
screen interactive. The screen gives the finishing touch to perceptual
illusion, to the total immersion of the spectator in the image.
The gaze and the body, as if through a window, navigate beyond the
screen, into a virtual world. It can also heighten the subject’s
mastery of the world, through surveillance and detection, by transmitting
commands and remote activity, like a control panel. Or it can establish
a dialogue between the user and other users in a network, promoting
the exchange of messages and information, like in an agora
or a diaspora.
Many people have predicted the disappearance of the screen, or
rather its gradual invisibility. It is as if virtual reality –
or more generally trompe l’œil – was for
these critics the very paradigm of the technological image. They
seemed to suppose that the outer limit of the new technologies was
the spectator’s total immersion in the image, or the complete
replacement of the perceptual field by a representation, forgetting
the body and real space and navigating within a virtual space and
body. From this perspective, the new technologies’ major problem
was seen as a scrambling of the border between the real and the
virtual, between fact and fiction – and as a regression into
a pre-Oedipal imagination.
However, as Lev Manovich in fact remarks in this issue, we are
witnessing today the birth of another paradigm, one which is not
necessarily in competition with this other but which is more complex.
Indeed the screen has not disappeared and the real world has not
been eclipsed by the virtual one. Quite the contrary: today, the
screen is everywhere, its multiplication in the real world itself,
which thus finds itself not reduced, but augmented. Thanks
in particular to miniaturization and to the development of wireless
technology, screens are multiplying in physical space, with cellular
telephones and portable computers on the body, Global Positioning
Systems in cars, screens on building façades, in houses,
and on the widest variety of objects, etc. There isn’t a place,
not an object or a body, that is not potentially equipped with a
screen and/or a camera and that cannot as a result become interactive
and hooked up to a network.
In this sense, the opposition between the virtual and the real,
between immersion and dialogue, between the image as representation
and the image as instrument, between the window and the control
panel, no longer holds. The screen is one and the other at the same
time: immersion is always dialogical, the instrument is necessarily
a representation, reality is run through with virtualities. And
our experience is essentially mixed and even heterogeneous: it is
perforated by a multitude of screens and cameras which incessantly
capture and transmit images, and export and import a variety of
information. Our experience brings together different times and
spaces – distant and nearby, private and public, past, present
and future, factual and fictional – like a multi-dimensional
strainer.
In this everywhere augmented and constantly monitored reality,
the screen functions both as a skin and as a reassuring umbilical
cord, constantly connecting us with other people. And, like a constantly-open
eye, an omnipresent gaze, it always and everywhere recalls us to
our duty. It is both a part of the maternal body and a representative
of the superego.
The articles in this issue examine this new status for the screen,
between image and instrument, like an interface surface, interactive
and communicative, that is to say dialogical. Lev Manovich and Christine
Ross inquire into the present status of the screen, between its
foretold disappearance into immersion and its evident return in
“augmented” space. Amelia Jones, Bruno Lessard and Valérie
Lamontagne view the interactive screen as a contact surface: tactile,
corporeal, and inter-subjective, in which time, narrative and the
subject are constantly reconfigured. Christophe Gauthier and Timothy
Murray examine the case of the Webfilm, which is not only a new
form of images in movement but also, of course, a new way of telling
and reading, of showing and seeing. Finally, John Menick and Marc
Steinberg consider the complex dialogue between the screen and public
space with the incorporation of the screen into architecture and
generalized surveillance.
OLIVIER ASSELIN
Translated by Timothy Barnard

L’écran en voie de
disparition (toujours inachevée)
Par Christine Ross
À partir des théories sur les nouveaux médias,
l’auteure s’interroge sur le statut actuel de l’écran.
Bien que l’écran persiste toujours à travers
de multiples médiations techniques, sa dématérialisation
par le numérique tant à rendre l’expérience
du cadre et de l’image toujours plus ténue. La fictionnalisation
du réel qui en découle est exemplifiée par
l’auteure à travers le travail de Michal Rovner dans
lequel également la dimension interactive suggère
la rencontre entre la manipulation numérique et la manipulation
génétique. L’écran fournit ainsi un lieu
de fictions performatives qui ne relève plus du modèle
albertien de la fenêtre.
The Disappearing Screen :
An Incomplete Matter
By Christine Ross
Taking into account theories of new technologies, the author interrogates
the contemporary status of the screen. Although the screen continues
to function in a multitude of media contexts, its dematerialization
through digital practices tends to make the experience of the frame
and the image more tenuous. The fictionalization of the real which
ensues is exemplified for the author by the work of Michal Rovner
in which an equally interactive dimension suggests a meeting between
digital manipulation and cloning. The screen in this case distinquishes
itself as a performative space, one which does not derive from Albertian
perspective or the model of a " window onto reality ".

Pour une poétique
de l’espace augmenté. (Text only in French)
Par Lev Manovich
L’auteur de cet essai discute du paradigme de l’“espace
augmenté” et en retrace les manifestations dans l’art
du XXe siècle. Les technologies actuelles permettent à
la fois d’ajouter et d’extraire des données à
des espaces physiques ce qui, selon l’auteur, contribue à
en faire pour l’usager des espaces contrôlés
et contrôlants. Si l’utilisation de l’espace augmenté
chez les artistes en arts visuels (Janet Cardiff, Rafael Lozano-Hemmer)
a, au cours de ce siècle, modifié l’expérience
du cube blanc (galerie, musée) et de la boîte
noire (cinéma), les expérimentations les plus
audacieuses viennent pourtant de l’architecture. Certains
projets de Rem Khoolaas et de Daniel Libeskind accumulent sur les
surfaces des données dynamiques et contextuelles dont les
musées, suggère l’auteur, devraient s’inspirer.
In this essay the author discusses the paradigm of “augmented
space” and retraces its manifestations in twentieth-century
art. contemporary technologies permit, in various way, a number
of methods to deliver data to and extract data from physical spaces
that, according to the author, contribute to users being able to
control and be controlled. If the utilizations of this augmented
space by visual artists (Janet Cardiff, Rafael Lozano-Hemmer) has,
in the course of the past century, modified the experience of the
white cube (gallery, museum) and of the black box
(cinema), more audacious experiments come from architecture. Certain
projects by Rem Khoolaas and Daniel Libeskind create accumulative,
flexible architectural surfaces which, the author suggests, could
reimagine the very context of the museum.

Interface, corporéité
et intermédialité. Sonata de Grahame Weinbren
(Text only in French)
par Bruno Lessard
Dans l’œuvre Sonata de Grahame Weinbren, l’écran
tactile interactif contribue à redéfinir le rôle
du spectateur et modifie la conception traditionnelle du montage
temporel cinématographique. Pensée comme une base
de données ouverte et reposant sur la rencontre de plusieurs
médias, l’œuvre, selon l’auteur, transforme
le récepteur en usager dont tous les sens sont sollicités.
L’expérimentation haptique qui en découle supporte
les enjeux dramatiques du récit emprunté à
Tolstoï tout en rajoutant une dimension spatiale au cinéma.
In Sonata, by Grahame Weinbren, the interactive tactile
screen contributes to redefining the role of the spectator and modifying
the traditional conception of temporal, cinematic montage. This
work, according to the author, transforms the viewer into a user
in whom all the senses are utilized an throught becomes an open
database. Such haptic experimentation not only amplifies the dramatic
issues arising in a story by Tolstoy, it adds a spatial dimension
to cinema.

Televisual Flesh : Activating
Otherness in New Media Art
By Amelia Jones
La chair télévisuelle et l’activation de l’altérité
dans les nouveaux médias
Par Amelia Jones

Debased Projection and Cyberspatial
Ping : Chris Marker’s Digital Screen
(Texte seulement en anglais)
By Timothy Murray
This article analyzes the work of filmmaker Chris Marker and his
recent forays into the digital realm of CD-ROMs. The electronic
screen has been lamented as form of “debased projection”
by filmmakers invested in the magical aura of the traditional cinematic
viewing experience. The author here, however, posits that the emergence
of digital screens is not a sign of melancholic loss but a shift
in paradigm in which spectacular projection and riveted reception
dynamically transform into deterritorialized narratives, complex
montages, feverous archives and playful interactivity.
Cet article analyse le travail du cinéaste Chris Marker
et son exploration récente du numérique et des CD-ROM.
Certains cinéastes épris de l’aura magique de
l’expérience cinématographique traditionnelle
ont reproché à l’écran électronique
d’être une forme de “ projection dévaluée
”. Cependant, l’auteur ici démontre que l’émergence
des écrans numériques n’est pas le signe mélancolique
d’une perte, mais contribue plutôt à un changement
de paradigme. En effet, la passivité de la réception
et le spectaculaire des projections sont transformés en récits
déterritorialisés, en montages complexes, en archives
vivantes et en interactivité ludique.

L’interactivité
à l’écran
(Text only in French)
Par Christophe Gauthier
L’auteur s’interroge sur la notion d’interactivtié
en tant que propriété de l’image numérique
dans un nouveau format de fiction narrative trouvé sur Internet,
le Webfilm. L’expérience immersive et dialogique proposée
par le Webfilm The New Arrival d’Amy Talkington est,
selon l’auteur, un des rares exemples à exploiter judicieusement
la technologie. Plus qu’un simple divertissement, ce Webfilm
joue une fonction culturelle importante dans sa façon de
proposer à l’internaute une ouverture à l’autre.
The author interrogates the notion of interactivity and the characteristics
of digital imagery in the new format of narrative fiction found
on the Internet – the Webfilm. The immersive experience and
dialogism proposed by Amy Talkington’s Webfilm, The New
Arrival, is, according to the author, one of the rare examples
that capitalizes upon this technology. More than a marginal diversion,
the Webfilm plays an important cultural function in its way of offering
to the user an opening to the Other.

The Screen of net.art (Texte
seulement en anglais)
By Valérie Lamontagne
Dans cet essai, l’auteure discute de la façon dont
l’écran d’ordinateur rompt avec l’écran
cinématographique conventionnel en le remplaçant par
un écran avec de multiples fenêtres dont les éléments
dynamiques suscitent l’attention du regardeur. L’illusionnisme
de la fenêtre est transformé par les net.artistes en
un environnement en temps réel qui est dynamique, modulaire,
réseautique et numérique. Ce survol sur le net.art
souligne ce qui est propre au genre, à savoir la convergence
des pratiques, l’émergence de structures interactives,
les récits elliptiques et les ordinateurs de programmation
technologiques.
In this article, the author discusses how the computer screen disrupts
the conventions of an all-encompassing cinematic screen and replaces
it with a multi-window screen in which dynamic elements compete
for the viewer¹s attention. The illusionism of the window is
transformed by net.artists into a real-time environment that is
dynamic, modular, networked and digital. This survey of current
net.art highlights the genre¹s converging practices, nascent
interactive structures, elliptical narratives and computer programming
technologies.

Real-Time Futures : Five Notes
on the Work of Wolfgang Staehle
(Texte seulement en anglais)
By John Menick
In Wolfgang Staehle’s work, the live surveillance of buildings,
monuments, cityscapes and other locations raises questions about
time, representation and the significance of simultaneity. According
to the author, the works’ seemingly uneventful nature leads
to comparisons with the films of Andy Warhol, especially Empire,
yet the use of real-time video recording and projection also harbours
the potential to witness unexpected occurrences. This article discusses
Staehle’s exhibition, “2001,” which registered
such an experience when his camera documented the entirety of the
attacks on the World Trade Center.
Dans le travail de Wolfgang Staehle, la surveillance en temps réel
de bâtiments, de monuments, de paysages urbains et d’autres
sites soulève des questions concernant le temps, la représentation
et l’importance de la simultanéité. Selon l’auteur,
le calme apparent qui caractérise les œuvres de l’artiste
amène à faire une comparaison avec les films d’Andy
Warhol, particulièrement Empire. Pourtant, l’utilisation
en temps réel de l’enregistrement et de la projection
vidéo accroît aussi le potentiel d’assister à
des événements inattendus. Une telle expérience
est discutée dans cet article avec l’exposition “
2001 ” de Staehle basée sur l’enregistrement
complet de l’attaque du World Trade Center.

Building Perception : Media
Architecture and the Hypersurface Experience
(Texte seulement en anglais)
By Marc Steinberg
What happens when architecture becomes media architecture? To
answer this question, the author discusses recent projects that
link cinema, architecture, information flow and moving viewers in
the urban environment. Tokyo’s massive QFRONT screen, Stephen
Perrella’s topological architecture, and Kas Oosterhuis’s
animated buildings each develop a form of superflat or hypersurface
architecture which emphasizes perceptual limits and event-like experiences.
Utilizing multiple layers of images and non-referential signs, these
projects infuse architecture with a heightened, liberatory phenomenology.
Qu’est-ce qui arrive quand l’architecture devient une
architecture de médias? Pour répondre à cette
question, l’auteur discute de projets récents qui lient
le cinéma, l’architecture, l’information qui
circule et la mobilité des regardants dans l’environnement
urbain. Que ce soit l’imposant QFRONT à Tokyo, l’architecture
topologique de Stephen Perrella ou les bâtiments animés
de Kas Oosterhuis, chacun de ces projets développe une architecture
de la “superplanéité” ou de l’“hypersurface”,
laquelle accentue les limites de la perception et de l’expérience.
Utilisant plusieurs strates d’images et de signes non référentiels,
ces projets insufflent l’architecture d’une phénoménologie
libératrice et intense.

Para-para

Patricia Esquivel > “Le musée vivant”/“À
vos risques et périls”, Francfort
Élisabeth Wetterwald > Rodney Graham, Marseille
Kaira Cabañas > “The Real Royal Trip”, Long
Island City
Stephen Wright > “Poetic Justice”/“Future
Democracy”, Istanbul
Louis-André Paré > “Orange”, Saint-Hyacinthe
Julie Lavigne > “Doublures”, Québec
André Lamarre > Sylvia Safdie, Montréal
Craig Buckley > “In Full View”, New York
Earl Miller > Nell Tenhaaf, Oshawa
Adrienne Lai > “The Moderns”, Turin
Bernard Lamarche > Le mois de la photo, Montréal

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