100 : L'idée de communauté_The idea of community 01 - David Batchelor, Jordan Crandall, Liam Gillick, Grennan & Sperandio, Zuang Hui, Lao Yong Jin, Nina Levitt, Jean-Luc Nancy, Shirin Neshat, Guillaume Paris, Chantal Pontbriand, Steve Reinke… 101 : L'idée de communauté_The idea of community 02 - Mathieu Beauséjour, Hans Haacke, Jodi, Valérie Jouve, Peter Land, Aernout Mik, Devora Neumark, Florence Paradeis, Rirkrit Tiravanija, Rosemarie Trockel… 102 : L'idée de communauté_The idea of community 03 - Atelier Van Lieshout, Rineke Dijkstra, etoy, Lynda Gaudreau, Alain Platel, Philippe Parreno, Jocelyn Robert, Lars von Trier, Gillian Wearing… - ÉPUISÉ/OUT OF PRINT 103 : Mouvances de l'image_Image Shifts - Pierre Bismuth, Jonathan Crary, Stan Douglas, Atom Egoyan, Douglas Gordan, Hans Haake, Michael Hirsch, Pierre Huyghe, Jaki Irvine, Manon Labrecque, Sharon Lockhart, Michael Snow… - ÉPUISÉ/OUT OF PRINT 104 : Mexico - Francis Alÿs, Carlos Amorales, Bakteria, Miguel Calderón, Minerva Cuevas, Claudia Fernández, HCRH, Jonathan Hernández, Gabriel Kuri, Teresa Margolles, Carlos Monsiváis, MVC, Yoshua Okon, Rubén Ortiz-Torres, Phylum.TV, Daniela Rossell, SEMEFO, Santiago Sierra, Melanie Smith, Sofia Táboas… 105 : Autofictions - Pep Agut, Mark Durden, Tracey Emin, Vera Frenkel, Eduardo Kac & Sonya Rapoport, Regine Robin, Richard Shusterman, Erwin Wurm… 106 : Economies - Boris Achour, Neil Cummings & Marysia Lewandowska, Plamen Dejanov, Thomas Demand, Free Food, Anne Graham, Andreas Gursky, Henning Christiansen, Mathieu Laurette, Les Levine, Jean-Luc Moulène, N. E. Thing Co., Maria Anna Parolin, Repohistory, Philippe Thomas, Bernar Venet… 107 : Électrosons_Electrosounds - Critical Art Ensemble, Digital Music, Media Theory, Laptopia, Ryoji Ikeda, Mille Plateaux, Carsten Nicolai, Oval, Pan Sonic, Sensorband… 108 : Beyrouth_Beirut - Hoda Barakat, Gilbert Boyer, Jabbour Dowayhi, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Mona Hatoum, Mahmoud Hojeij, Elias Khoury, L.E.FT, Michel Lesserre, Walid Raad (Atlas Group), Walid Sadek, Jayce Salloum, Mohamad Soueid, Paola Yacoub, Akram Zaatari… 109 : anonymat_anonymity - Vanessa Beecroft, Maurizio Cattelan, General Idea, Kojo Griffin, Janice Gurney, Ellen Harvey, Thomas Hirschhorn, Pierre Huyghe, Germaine Koh, La Société Anonyme, Édouard Levé, Ernesto Neto, David Rokeby, Joachim Schmid, Ann-Sofi Sidén, Santiego Sierra, Space Invaders, Tatiana Trouvé… 110 : Économies bis_ Economies-biz - Maria Eichhorn, Andreas Gursky, Thomas Hirschhorn, Cildo Meireles, Andreas Seikmann, Murakami Takashi, Philippe Thomas, Toro Lab…
111 : Démocratie_Democracy - Archi Media, Francis Alys, Sylvie Blocher, Dias et Rietveg, Éric Dupont, Harun Farocki, Thomas Hirschorn, Craigie Horsfield, Nadia Lauro, Jean-Luc Moulène, Nadia Myre, Jana Sterbak… 112 : Corps automates_ Automata - Gilles Barbier, Venessa Becroft, Jake + Dinos Chapman, Max Dean, Olivier Dollinger, Thomas Grünfeld, Mark Hansen + Ben Rubin, Natalie Jeremijenko, Marie Legros, Édouard Levé… 113 : Écrans numériques_Digital screens - Vito Acconci, Janet cardiff, Rem Koolhaas, Mona Hatoum, Daniel Libeskind, Rafael Lozano-Hemmer, Net.Art, Chris Marker, Kas Oosterhuis, Stephen Perrella, QFRONT, Michal Rovner, Carolee Schneemann, Wolfgang Staehle, Amy Talkington, Gillian Wearing, Grahame Weinbren… 114 : Shanghai - Lu Chunsheng, Yang Fudong, Xiang Liqing, Ken Lum, Qingyun Ma, Wang Peijun, Zhang Peili, Zhou Tiehai, Wang Wei, Qian Weikang, Shi Yong, Chen Zhen, Xu Zhen, Yang Zhenzhong 115 : Résistance_Resistance. Chantal Pontbriand, Bernard Lamarche, Lori Waxman, Jean-Ernest Joos, Catherine Grout, Élisabeth Wetterwald, Mark Durden et_and David Campbell, André-Louis Paré. 116 : SÃO PAULO. Chantal Pontbriand, Suely Rolnik, Laymert Garcia dos Santos, Mário Ramiro, Lucio Agra et_and Otávio Donasci, Christine Mello, Ivo Mesquita, Nabil Bonduki, Lucas Bambozzi et_and Ricardo Rosas. 117 : <DESIGN>. Chantal Pontbriand, Alexandra Midal, Alex Coles, Évence Verdier, Christophe Domino, Martí Guixé, Alexandra Baudelot, Jean-Louis Violeau, Stephen Wright. 118 : <DESIGN>. Chantal Pontbriand, Lisette Lagnado, Stephen Wrigh, Magali Nachtergael , Alex Coles, Louis Jacob. 119 : X HUMAIN - IA - AI. Roberta Buiani, Jean-Pierre Cometti, Carol Gigliotti, Marie-Christiane Mathieu, John Menick, Philippe Pasquier, Martina Russo, David Tomas. 120 FRONTIÈRES_BORDERS. Chantal Akerman, Jean-Pierre Aubé, Ruth Beckermann, Gilbert Boyer, Miwon Kwon, Makrolab, Melik Ohanian, … 121 EXTRA HUMAIN - SC _ EXTRA-HUMAN - CS. Des textes sur_texts on: Berdaguer & Péjus, Peter Campus, Pascal Grandmaison, Carsten Höller, Mike Kelly… Par_by: Terence Dick, Stefan Jovanovic, Jacinto Lageira, Todd Meyers + Richard Baxstrom, Chantal Pontbriand, Eduardo Ralickas, Jean-Pierre Rehm, Stephen Wright…
122 TRAVAIL ** WORK  Des textes sur_texts on: BGL, Raphaëlle de Groot, Coco Fusco, Steve McQueen, Jean-Luc Moulène, Tatiana Trouvé… Par_by: Nathalie Delbard, Marie Fraser, Maurizio Lazzarato, Joseph Mouton, Derek Conrad Murray, Victor Tupitsyn, Jean-Philippe Uzel 123 VIOLENCE PSYCHO - Des textes sur_Texts on: Ron Athey, Franko B., David Cronenberg, Bruno Dumont, Philippe Grandrieux, Michael Haneke, Maria Marshall, Daniel Joseph Martinez, Shahryar Nashat, Catherine Opie, Gina Pane … Par_by: Tim Clark, Christa Blümlinger, Amelia Jones, Jean-Ernest Joos, Thérèse St-Gelais, Giovanna Zapperi 124 VIOLENCE UNLIMITED - Des textes sur_Texts on: Adel Abdessemed, Ali Assaf, Constanza Camelo, Kendell Geers, Rabih Mroué, Radek Community, Guia Rigvava, Artur Zmijewski... Par_by: Kinga Araya, Nicolas Exertier, Guitemie Maldonado, Frédéric Maufras, Derek Conrad Murray, Chantal Pontbriand, Slavoj Zizek... PARACHUTE 125 LA HABANA - Des textes sur_Texts on: Juan Carlos Alom, Tania Bruguera, Elvis Céllez, Felipe Dulzaides, Adonis Flores, René Francisco, Flavio Garciandia, Luis et Miguel, Grupo Arte Calle, José Hidalgo, Manuel Piña, Wilfredo Prieto, Eduardo Ponjuán, Lázaro Saavedra... Par_by: Héctor Antón Castillo, Elvia Rosa Castro Martin, Antonio Eligio Fernández(Tonel), Dalila López Arbolay, Magaly Espinosa, Magda González-Mora Alfonso, Orlando Hernández, Eugenio Valdès Figueroa... ESSAI VISUEL_VISUAL ESSAY: Carlos Garaicoa

Couverture 119 _ Cover 119 : KIT, Missing Mass, 2003, photo Wade Walker.

PARACHUTE 119
X HUMAIN
07. 08. 09. 2005


EXTRA HUMAIN … saisir l'insaisissable
EXTRA-HUMAN … the quest for the elusive

par_by Chantal Pontbriand

L'esprit n'a pas d'esprit
L'Art et les artifices de l'intelligence

The Mind Devoid of Mind:
Art and Artifices of Intelligence

par_by Jean-Pierre Cometti

Harold Cohen
Élargir le champ : L'artiste en tant qu'intelligence artificielle ou étrangère ?

Harold Cohen
Expanding the Field: The Artist as Artificial or Alien Intelligence?

par_by David Tomas

Kenneth Rinaldo et France Cadet
La vie artificielle et la vie des non-humains

Kenneth Rinaldo and France Cadet :
Artificial Life and the Lives of the Non-human

par_by Carol Gigliotti

Robert Saucier et KIT
« Infrasense » : des virus et des espaces

Robert Saucier and KIT
"Infrasense": Of Viruses and Spaces

par_by Roberta Buiani

L'art d'oublier : la vidéo It's Not My Memory of It de Speculative Archive
The Art of Forgetting: Speculative Archive's It's Not My Memory of It
par_by John Menick

Agnes Hegedüs
Défragmentation de la mémoire

Agnes hegedüs
Defragmentation of Memory

par_by Martina Russo

L'aître – (être + aire)
Développer l'intelligence des lieux

The Aître – (Being + Area)
Developping an Understanding of Places

par_by Marie-Christiane Matthieu

L'intelligence artificielle et la création contemporaine en réflexion
La question de la technique

A Reflection on Artificial Intelligence and Contemporary Creation
The Question of Technique

par_by Philippe Pasquier

LIVRES ET REVUES_BOOKS AND MAGAZINES Mikaela Bobiy, Frédéric Maufras, Claire Lefebvre, Todd Meyers, André-Louis Paré, Philippe Pasquier, Yann Pocreau


EXTRA HUMAIN … saisir l'insaisissable
par Chantal Pontbriand

Extra humain… que cherche-t-on à comprendre par ce néologisme bizarroïde qui recouvre deux numéros de PARACHUTE ? À travers les pratiques d'aujourd'hui, il s'agit de tracer quelques voies, celles qui se rapprochent des sciences cognitives et de l'intelligence artificielle. Ce sont deux domaines qui s'enchevêtrent et se voisinent dans l'univers de la pensée contemporaine. Ils nous interpellent vivement parce qu'ils s'adressent à l'esprit humain, cette conscience du monde qui fascine et permet d'agir, qui émerveille et avec laquelle l'humain lui-même ne cesse de vouloir rivaliser depuis la nuit des temps. À partir des premiers humains, la question de la tekhnê surgit.

L'homme met en place des dispositifs techniques qui lui permettent de traduire son intelligence sous la forme de dispositifs techniques, à prime abord mécaniques, qui ont pour but d'accroître ses potentialités dans le monde : mieux survivre dans un environnement qui est le sien, accroître son territoire. Il s'agit d'un début d'économie et d'enjeux politiques, lesquels, sous des formes fort complexifiées, nous parviennent jusque dans ces temps postmodernes. Les sciences cognitives tiendraient de ce désir de mieux saisir ce mystérieux esprit humain, cette partie de nous-même qui, au-delà de la rationalité des idées et de l'irrationnel du réel, nous permet d'appréhender le monde de façon créative et novatrice, de satisfaire notre besoin de changement et d'adaptabilité, de trouver dans le monde motivation et émerveillement, force et courage, volonté d'être.

L'intelligence artificielle tient de la prothèse, de la machine; dans une conception naïve de la chose, elle pourrait prétendre à remplacer l'humain, c'est-à-dire cette capacité de comprendre et d'inventer, de trouver des solutions, de donner du ressort à la vie. L'intelligence artificielle s'apparente à l'automate, au robot, et évoque la virtuosité des grands joueurs d'échecs. Avec la sophistication qui caractérise aujourd'hui ce domaine, on peut s'attendre à des merveilles. Où se tirera la ligne de démarcation entre le potentiel de l'esprit humain et celui de cette nouvelle donne ? L'intelligence artificielle régit de plus en plus des aspects de nos vies au quotidien : identité, dossier médical, jeux numériques, reproduction génétique, biotechnologies, systèmes d'information et de communication, transports, nourriture, agriculture, guerre, politique (sondages, démocratie directe). On ne compte plus les champs d'application, puisque la cybernétique qui en découle s'infiltre partout.

L'extra humain recouvre donc une vision paradoxale. D'abord, il y a le désir latent de vouloir saisir ce qu'il y a au-delà même de l'humain dans ce qu'on connaît de lui sur le plan physique et matériel, sur le plan mental et émotif. Soit l'inconnu, ou l'inconnaissable même qui est le ressort de tant de découvertes et de créativité : ce qui, en somme, est la substance même de l'être, de l'individuation. Et puis, il y a ce qui se situe en marge de l'humain; ce qui rivalise avec lui, ce qui tend à totaliser la connaissance et à la transformer en moyen d'action, en agent de fonctionnement des choses et du monde, en outil aux visées téléologiques.

Comment les artistes d'aujourd'hui s'adressent-ils à ce monde en transformation, fortement affecté par l'apport des sciences cognitives et de l'intelligence artificielle ? Ce premier numéro prend le parti, pour ainsi dire, de l'intelligence artificielle et s'intéresse à des artistes qui ont tenté de produire de l'art en en faisant usage, ou dont l'art devient un analyseur de son fonctionnement et de ses effets. Un deuxième numéro de PARACHUTE, à paraître au début de 2006, se concentrera davantage sur le cognitif et sur le rôle des technologies utilisées dans l'art et développées parallèlement aux sciences cognitives.

Ce numéro s'ouvre avec un essai du philosophe Jean-Pierre Cometti qui s'adresse à ce tiraillement incessant entre l'esprit humain et la connaissance scientifique que l'on en a. Plus encore, il analyse le rôle de l'art face aux développements récents des sciences cognitives et de l'intelligence artificielle. David Tomas s'intéresse à un cas de figure particulier, celui de l'artiste chercheur Harold Cohen et de sa machine à faire de l'art, nommée AARON. Carol Gigliotti se penche sur le travail de Kenneth Rinaldo et France Cadet qui met en place des dispositifs artistiques cherchant à comprendre le fonctionnement de la vie « non humaine », dans sa dimension émotive nommément. Roberta Buiani analyse une œuvre de Robert Saucier et KIT, Infrasense, qui décortique la notion de virus à l'aide d'une installation interactive.

Le virus agit comme lien entre le biologique et le numérique, les mondes naturels et artificiels. Avec John Menick, nous abordons l'univers de la mémoire et des services secrets, tels que traités par Julia Meltzer et David Thorne (Speculative Archive). La mémoire et ses rapports avec l'intelligence artificielle, la collecte de données susceptibles de renseigner sur des situations passées et présentes, sont également concernés dans le travail d'Agnes Hegedüs présenté par Martina Russo. Ici, l'intelligence artificielle est mise en scène dans des dispositifs interactifs qui font appel aux capacités mnémoniques du spectateur.

Marie-Christiane Mathieu explore la notion d'aître, un concept qui lie l'être et son environnement, lequel est de plus en plus technologique et envahi par l'IA. Elle revoit à travers ce concept les notions de corps, de territoire et d'architecture et s'intéresse au passage à des artistes tels que Lygia Clark, Edmund Alleyn et Ana Rewakowicz ainsi qu'à des collectifs numériques politisés. Pour terminer, Philippe Pasquier, lui-même artiste du numérique, nous trace une histoire de la philosophie sous l'angle des nouvelles technologies et explore les voisinages entre la création numérique et la recherche en intelligence artificielle.

Que ce soit dans le but de mieux appréhender ce qu'est l'humain jusque dans ces facultés qui lui sont uniques et qui, néanmoins, demeurent encore mystérieuses ou, qu'à l'inverse, on cherche à révéler ce qui dans l'intelligence artificielle, par exemple, peut exposer un supplément d'humanité encore à découvrir, ces artistes explorent l'inconnu de notre époque dans ses manifestations les plus pointues. Ce qui est « extra humain » désigne ces territoires d'exploration encore bien peu parcourus, mais qui recèlent de nombreuses pistes pour l'avenir de l'art et de l'intelligence humaine.

Chantal Pontbriand

EXTRA-HUMAN … the quest for the elusive
by Chantal Pontbriand

Extra-human – what exactly is to be understood by this somewhat bizarre neologism, which sets out the theme of two issues of PARACHUTE? Focusing on contemporary practices, our aim is to chart the position of those closest to the realm of the cognitive sciences and artificial intelligence, two fields of inquiry that both overlap and interact in the realm of contemporary thought. Both question us pointedly, for they address the human mind, that conscience of the world which both fascinates and confers agency, produces wonderment, and with which humans have always sought to rival since the dawn of time. The question of techne is contemporary with the emergence of humanity per se.

Humans came up with technical contrivances that enabled them to translate their intelligence in the form of technical – initially mechanical – devices, and which were intended to increase human potential in the world by enabling humans to better survive in their surroundings and to expand their territory. In incipient form, these tools laid the groundwork for the economy and its attendant political stakes, which, in highly complexified form, are still with us today in our postmodern times. The cognitive sciences stem from this desire to better grasp the mysteries of the human mind, to seize that part of ourselves, which, above and beyond the rationality of ideas and the irrationality of the real, enables us to apprehend the world in a creative and innovative way, to satisfy our need for change and adaptability, to discover in the world motivation and wonderment, strength and courage, and, above all, the will to be.

Artificial intelligence, on the other hand, stems from the prosthesis, from the machine; it could, in a naive understanding, be thought of as presuming to usurp the human – that is, as a substitute for the ability to understand and invent, discover solutions, and give impetus to life. Artificial intelligence is related to automata and robots, and conjures up the virtuosity of master chess players. Given the sophistication that characterizes the field today, one is accustomed to expecting wonders. But where is the demarcation line between the potential of the human mind and this new potential to be drawn? Artificial intelligence already governs more and more aspects of our everyday lives: identities, medical files, numeric games, genetic reproduction, information and communications systems, transportation, food, agriculture, warfare, politics (polling, direct democracy, etc.). The fields of application are in fact countless, inasmuch as its offshoot, cybernetics, has trickled down into every aspect of life.

The extra-human thus encompasses a paradoxical vision. There is, first of all, the latent desire to grasp what in fact lies beyond the human in terms of what is known of it on the physical and material levels, as well as on the mental and emotional levels. For it is the quest for the unknown, or even the unknowable itself, which is the impetus of so many discoveries and creative undertakings: the quest, in short, for the very substance of being and of individuation. But there is also the attraction for all that is located at the margins of the human, which vies with the human, and tends to totalize knowledge and to transform it into a means of action capable of exercising agency over things and the world, or into a tool with teleological purposes.

How are the artists of today grappling with this world in transformation, which is so profoundly affected by the contributions of the cognitive sciences and artificial intelligence? This first issue takes up the cause, so to speak, of artificial intelligence and focuses on artists who have either sought to make use of it in producing art, or whose art has become an analyzer for its workings and effects. A second issue of PARACHUTE, to be published in early 2006, will concentrate more on the cognitive sciences and on the role of the technologies used in art and developed in parallel with the cognitive sciences.

This issue opens with an essay by the philosopher Jean-Pierre Cometti, who focuses on the incessant tension between the human mind and the degree of scientific knowledge one can have of it. Cometti analyzes the role of art in the face of recent developments in the cognitive sciences and artificial intelligence. David Tomas takes a closer look at a particular example, that of artist-researcher Harold Cohen and his art-making machine, which he refers to as AARON. Carol Gigliotti looks at the work of Kenneth Rinaldo and France Cadet, who develop artistic devices seeking to understand the workings of "non-human" life, particularly in its emotional dimension. Roberta Buiani analyses a work by Robert Saucier and KIT, Infrasense, which dissects the notion of the virus by means of an interactive installation. The virus functions as a link between biology and the digital, and between natural and artificial worlds.

John Menick guides us into the world of memory and secret services as construed by Julia Meltzer and David Thorne (Speculative Archive). Memory and its relations with artificial intelligence, as well as the gathering of data capable of providing information on past and present situations, is also an issue in the work of Agnes Hegedüs, which is discussed by Martina Russo. Here, artificial intelligence is foregrounded through the use of interactive devices, which call upon the viewer's mnemonic abilities. Marie-Christine Mathieu explores the notion of the aître – a concept that seeks to link being to its environment, which has become increasingly technological and is everywhere permeated by AI.

The author uses the prism of this concept to re-examine such notions as the body, territory, and architecture, touching on such artists as Lygia Clark, Edmund Alleyn, and Ana Rewakowicz, as well as politically motivated digital collectives. Rounding off the issue, Philippe Pasquier, himself an artist working with digital technologies, sketches out a history of philosophy from the angle of new technologies and explores the proximities between digital creation and artificial-intelligence research.

Whether one's purpose is to better understand the essence of the human, including those faculties that are unique to it and which remain, nevertheless, somewhat mysterious; or, conversely, whether one seeks to reveal what in artificial intelligence, for instance, can bring to light a supplement of humanity which remains to be discovered, these artists explore the unknown within our era by homing in on its most cutting-edge manifestations. The extra-human refers to those territories of exploration that remain relatively uncharted, but which conceal countless paths for the future of art and of human intelligence.

Chantal Pontbriand
Translated by Stephen Wright

L'esprit n'a pas d'esprit
L'Art et les artifices de l'intelligence

par Jean-Pierre Cometti

Depuis Heidegger, la technique en art est abordée avec méfiance, mais jouit aussi d'une véritable adhésion. Tant sur le plan des pratiques artistiques que des recherches sur la perception et les états mentaux, la technique, telle qu'elle se décline à travers des procédés numérisés et informatisée, relève de ce que le domaine de la cognition nomme l'« esprit ». La rencontre entre l'art et la connaissance est une des expressions possibles de ce champ qui suscite plusieurs espoirs. À partir de deux angles, l'auteur de cet essai en nuance les enjeux. D'une part, il croit que, malgré la puissance des nouvelles techniques et des moyens « extra-humains », les voies artistiques du passé ne sont pas radicalement délaissées, l'art, pour autant qu'il soit constitué d'un médium numérique, ne se différenciant vraiment que par ses usages. D'autre part, il émet des réserves à l'endroit de la philosophie analytique qui pourrait tendre à réduire les comportements artistiques à des lois et des structures du fonctionnement de l'esprit. Il invoque finalement une philosophie des apprentissages et de la culture.

The Mind Devoid of Mind:
Art and Artifices of Intelligence

by Jean-Pierre Cometti

In the wake of Martin Heidegger, the question concerning technology in art has been either regarded with suspicion, or it has been embraced favourably by many artists and theorists. Both at the level of artistic practice and at the level of scientific research on perception and mental states, technology has given rise to digital and computerized domains and procedures, and it has harboured what in the field of cognitive studies can be broadly termed "the mind." The encounter between art and knowledge is one of the possible expressions of this field, which fosters many hopes for the future. In this essay, the author examines the implications of this meeting by analyzing two of its manifestations. On the one hand, he contends that despite the sheer power of new technologies and their "extra-human" potentials, such new manifestations have not radically altered artistic strategies stemming from the past. In this scheme, art, insofar as it is constituted by a digital medium, does not differ from its traditional uses. On the other hand, the author is sceptical of analytic approaches to philosophy, which tend to reduce artistic behaviour to structures and laws of the mind. In closing, he evokes a philosophy of learning and of culture.

Harold Cohen
Élargir le champ : L'artiste en tant qu'intelligence artificielle ou étrangère ?

par David Tomas

Harold Cohen, pionnier dans la recherche en arts médiatiques, travaille depuis une trentaine d'années sur la simulation du processus décisionnel humain. Ce projet continu prend la forme d'une « machine à dessiner » intelligente nommée AARON, laquelle crée des formes artistiques sur toile ou sur papier qui semblent spontanées et libres, et dont la géométrie n'est pas prescrite par les algorithmes informatiques conditionnant les modalités de son comportement. Dans cet essai, l'auteur retrace cet épisode emblématique de l'histoire de l'intelligence artificielle en pointant les questions et les contradictions qu'il soulève. En substituant la machine à l'artiste, l'artefact d'une œuvre plastique à l'œuvre elle-même, Cohen dérange les conceptions traditionnelles de l'art et de la création. À travers AARON, c'est l'identité artistique de l'humain qui est mise en cause. Cependant, l'auteur interroge de façon critique la nature subversive de la machine AARON en articulant son identité indépendamment de celle de Cohen.

Harold Cohen
Expanding the Field: The Artist as Artificial or Alien Intelligence?

by David Tomas

Harold Cohen, a pioneer in the field of the media arts, has worked over the past thirty years on projects that seek to simulate human decision-making processes. Cohen's ongoing project has given rise to an intelligent "drawing machine" named AARON, which generates seemingly spontaneous and freely-chosen artistic forms on canvas or on paper that are not prescribed by the computational code that determines the parameters of its behaviour. In this essay, the author examines this episode in the history of artificial intelligence, and evaluates some of the questions and contradictions it harbours. By displacing the artist by the machine, the artwork by the artefact, Cohen seeks to destabilize traditional conceptions of art and creation; AARON purportedly short-circuits artistic and human identity. However, the author critically examines the subversive nature AARON's agency by raising the question of its identity independently of Cohen's.

Kenneth Rinaldo et France Cadet
La vie artificielle et la vie des non-humains

par Carol Gigliotti

Cet essai questionne de façon critique les relations que développent la vie animale, l'intelligence exta-humaine et la vie artificielle (A-life) dans le domaine des sciences et de l'art. Selon l'auteur, il y a d'importantes raisons philosophiques, éthiques, scientifiques et méthodologiques reliées à l'étude sérieuse de la conscience animale, parmi lesquelles se trouve la quête de déterminer la place occupée par l'être humain dans la nature. L'auteur se penche sur les pratiques artistiques de Kenneth Rinaldo et de France Cadet, lesquelles se veulent des instances paradigmatiques d'une critique de pratiques A-life et de nos relations instrumentales avec les vies exta-humaines. Appliqué à l'art actuel, cet élan prend différentes formes. Ken Rinaldo présente des installations interactives dans lesquelles humains, non-humains et robots se répondent dans un troublant jeu de pouvoir. Le travail de détournements et de piratage de France Cadet pose, quant à elle, un regard interrogatif sur notre destin scientifique. Alors que l'humain a développé une tradition de censure envers toute possibilité de conscience animale, l'A-life semble proposer des ouvertures éthiques, scientifiques et techniques à ce débat, tout en renouvelant les termes dans lequel il se déploie.

Kenneth Rinaldo and France Cadet:
Artificial Life and the Lives of the Non-human

by Carol Gigliotti

This essay critically examines the relations between animal life, animal intelligence, and artificial life (a-life) in the fields of artistic practice and science. The author contends that there are profound philosophical, ethical, scientific, and methodological reasons to study animal consciousness, the most significant of which are related to attempts to locate the place of humans in nature. The author examines the works of Kenneth Rinaldo and France Cadet as paradigmatic instances of a wider critique of contemporary a-life practice and our instrumental relationship with the lives of the non-human. Rinaldo creates interactive installations in which humans, non-humans, and robotic agents are caught in a troubling power struggle. Cadet subverts commercially available animal robots in an attempt to cast some light on the fate of our scientific enterprises. While humans have developed mechanisms designed to censor the very possibility of animal consciousness, a-life practice seems to foster new insights with respect to the ethical, scientific, and technical possibilities non-human consciousness has to offer, thereby renewing the terms employed in current debates.

Robert Saucier et KIT
« Infrasense » : des virus et des espaces

par Roberta Buiani

« Infrasense » est une installation interactive réalisée par Robert Saucier et le collectif KIT mettant en scène des robots mécaniques représentant des virus sous la forme de « bogue » et de « cheval de Troie ». Le visiteur prend une part active à cette œuvre en manœuvrant les virus par télécommande ou par Internet. Des voix émanent des chevaux tandis qu'ils se mettent en mouvement, narrant les récits de maladie virale humaine et informatique. L'essai prend en compte les relations entre les participants, l'œuvre et le système afin d'analyser les registres sémiotique, structural et sémantique mis en jeu par l'installation. En montrant la pénétrante portée des espaces viraux et en repensant la proximité entre les virus biologiques et informatiques, l'auteur déploie une réflexion sur la nature de la technologie et de ses espaces concrets.

Robert Saucier and KIT
"Infrasense": Of Viruses and Spaces

by Roberta Buiani

The product of a collaborative effort involving Robert Saucier and KIT, "Infrasense" is an interactive installation comprised of mechanical, bug-like robots in the guise of "viruses" and "Trojan Horses." Visitors actively take part in the deployment of the work as they control the robots' spatial movements by using remote controls or commands available on the Internet. Voices emanate from the horses as they move about, narrating tales of viral disease both human and digital. This essay examines the relations between participant, work, and system by way of analyzing some of the semiotic, structural, and semantic registers the installation plays on. By making clear the pervasive reach of viral spaces, and by rethinking the narrow differences between biological and computers viruses, the author offers fruitful insights into the nature of technology and its effective spaces.

L'art d'oublier : la vidéo It's Not My Memory of It de Speculative Archive
par John Menick

Cet article fait une analyse du travail de Speculative Archive, collectif formé par Julia Melzer et David Thorne. L'auteur centre ses propos autour de l'œuvre vidéo Ceci n'est pas ma mémoire, laquelle tente de reconstituer des récits à partir d'une masse importante de documents déclassés d'État américains. L'auteur de cet essai commente le projet du duo qui soulève une approche critique sur les enjeux qui se rapportent à la mémoire, à l'identité, au déclassement et au pouvoir. En confrontant plusieurs tentatives pour obtenir une mémoire illimitée, l'auteur soutient que l'importance historique du travail de Speculative Archive relève de sa capacité à dévoiler les faillites de la mémoire dans le contexte actuel où les massives bases de données corporatives et gouvernementales accumulent les moindres informations.

The Art of Forgetting: Speculative Archive's It's Not My Memory of It
by John Menick

This article examines the work of Speculative Archive (a duo which is made up of Julia Melzer and David Thorne). In particular, the author focuses on the video work It's Not My Memory of It, which attempts to reconstitute narratives from vast amounts of declassified intelligence information stored in U.S. libraries. The author analyzes the duo's artistic enterprise, which fosters a critical approach to issues of memory, identity, declassification, and power. By contrasting various accounts of attempts to achieve limitless memory, the author contends that the historical significance of Speculative Archive's work lies in its capacity to uncover the failure of memory given contemporary efforts to store countless details in massive government and corporate databases.

Agnes Hegedüs
Défragmentation de la mémoire

par Martina Russo

L'artiste hongroise Agnes Hegedüs exploite les nouvelles technologies au sein d'installations afin, notamment, d'exposer les mécanisme inhérents à la mémoire. L'auteur développe sur cet aspect du travail de l'artiste afin de montrer la nature non linéaire, fictive, collective et virtuelle de la mémoire. Grâce à des dispositifs interactifs et immersifs où les actions du spectateur deviennent une données constitutive de l'œuvre, le travail de Hegedüs met efficacement en jeu sa mémoire active et ses références culturelles.

Agnes hegedüs
Defragmentation of Memory

by Martina Russo

The Hungarian artist Agnes Hegedüs makes use of new technologies in order to create installations that disclose the inherent mechanisms of memory. The author examines this aspect of her work in order to analyze the non-linear, fictitious nature of virtual and collective memory. Thanks to the interactive and immersive structure of Hegedüs's installations, in which the beholder and his or her actions become constitutive elements of the work itself, the author demonstrates the variegated ways in which Hegedüs successfully performs her active memory and her cultural references.

L'aître – (être + aire)
Développer l'intelligence des lieux

par Marie-Christiane Matthieu

Dans son essai, Marie-Christiane Mathieu mesure l'influence des nouvelles technologies sur l'espace réel à partir du concept d'aître. Ce néologisme, transposé dans le domaine de l'architecture monumentale et numérique, ouvre de nouvelles perspectives critiques. En s'appuyant sur les notions d'émergence, de mobilité et d'interface, l'auteur revisite les conceptions spatiale amorcée dans les années 1960 et démocratisée par l'avènement des réseaux contemporains, réels ou virtuels.

The Aître – (Being + Area)
Developping an Understanding of Places

by Marie-Christiane Matthieu

In this essay, the author examines the influence new technologies have had on the perception of reality by basing herself on the concept of the aître. This neologism, once transposed into the domain of monumental and digital architecture, offers novel critical perspectives. As well, the author makes use of notions related to "emergence," "mobility," and "interfaces" in order to revisit some conceptions of space that originated in the 1960s, and which were later democratized by the advent of contemporary networks, be they virtual or real.

L'intelligence artificielle et la création contemporaine en réflexion
La question de la technique

par Philippe Pasquier

Située à la croisée des sciences cognitives et de la technologie applicative, l'intelligence artificielle suscite un intérêt croissant chez les artistes. Face à cette tendance de ce que l'auteur appelle l'IA-art, les positions sont diverses. P. Pasquier nous rappelle que les tenants du technicisme comme ses pourfendeurs ont engagé le débat depuis longtemps. Du prédicat humaniste de J.Habermas ou positiviste de G. Simondon aux mouvements plus radicaux de l'évolutionniste T.Engelhard et des transhumanistes américains, la gamme des arguments protechniques est variée. J.Ellul développe pour sa part le principal argument technophobe. Que l'on considère que le croisement de l'art et de la technique aliène les pratiques contemporaines, ou qu'on veuille montrer le contraire, une chose est sûre, selon l'auteur : la technique en art joue un rôle indubitable.

A Reflection on Artificial Intelligence and Contemporary Creation
The Question of Technique

by Philippe Pasquier

Located at the crossroads between the cognitive sciences and applied technology, the field of artificial intelligence is being increasingly sought out by artists. Various positions arise in light of this tendency to create what the author terms AI-art. In fact, the author contends that both the defenders of technology as well as its opponents have been debating these questions for a long time. From the humanist position represented by J. Habermas to the positivist stance of G. Simondon, to the more radical movement represented by the evolutionary position of T. Engelhard or the American trans-humanists, the span of pro technology argumentation is broad. J. Ellul develops the main technophobic argument. If one considers that the crossing of art and technology alienates contemporary practice, or, if one sets out to prove the contrary, one thing is certain: technology now plays an indelible role in debates surrounding contemporary art.

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Julie Lavigne > Geneviève Cadieux, René Blouin, Montréal
André Lamarre > Guy Pellerin. La couleur d'Ozias Leduc, Musée d'art de Joliette, Joliette
Darcey Nichols > TimeLength, Leonard & Bina Ellen Gallery, Montréal
Bernard Lamarche > Jocelyn Robert. L'inclinaison du regard, Galerie de l'UQAM, Montréal / Jocelyn Robert, Vox, Montréal
Sylvie Parent > Ælab: DATA, Galerie Liane et Danny Taran, Centre des arts Saidye Bronfman, Montréal
Judith Parker > Vera Frankel , carleton University Art Gallery, Ottawa
Frédéric Maufras > Biennale de Moscou, Moscou
Miriam Jordan and Julian Haladyn, Cai Guo-Qiang, Inopportune, Mass MOCA, North Adams, Massachusetts
Brian Boucher > T.J. Wilcox. Garlands, Metro Pictures, New York
Julien Bismuth > Steve McQueen, Marian Goodman Gallery, New York
Shep Steiner > Morris Louis, The French & Co. Show of 1960, Riva Yares Gallery, Scottsdale, Arizona
Évence Verdier > Tatiana Trouvé. Extraits d'une société confidentielle, Frac, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille


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