100 : L'idée de communauté_The idea of community 01 - David Batchelor, Jordan Crandall, Liam Gillick, Grennan & Sperandio, Zuang Hui, Lao Yong Jin, Nina Levitt, Jean-Luc Nancy, Shirin Neshat, Guillaume Paris, Chantal Pontbriand, Steve Reinke… 101 : L'idée de communauté_The idea of community 02 - Mathieu Beauséjour, Hans Haacke, Jodi, Valérie Jouve, Peter Land, Aernout Mik, Devora Neumark, Florence Paradeis, Rirkrit Tiravanija, Rosemarie Trockel… 102 : L'idée de communauté_The idea of community 03 - Atelier Van Lieshout, Rineke Dijkstra, etoy, Lynda Gaudreau, Alain Platel, Philippe Parreno, Jocelyn Robert, Lars von Trier, Gillian Wearing… - ÉPUISÉ/OUT OF PRINT 103 : Mouvances de l'image_Image Shifts - Pierre Bismuth, Jonathan Crary, Stan Douglas, Atom Egoyan, Douglas Gordan, Hans Haake, Michael Hirsch, Pierre Huyghe, Jaki Irvine, Manon Labrecque, Sharon Lockhart, Michael Snow… - ÉPUISÉ/OUT OF PRINT 104 : Mexico - Francis Alÿs, Carlos Amorales, Bakteria, Miguel Calderón, Minerva Cuevas, Claudia Fernández, HCRH, Jonathan Hernández, Gabriel Kuri, Teresa Margolles, Carlos Monsiváis, MVC, Yoshua Okon, Rubén Ortiz-Torres, Phylum.TV, Daniela Rossell, SEMEFO, Santiago Sierra, Melanie Smith, Sofia Táboas… 105 : Autofictions - Pep Agut, Mark Durden, Tracey Emin, Vera Frenkel, Eduardo Kac & Sonya Rapoport, Regine Robin, Richard Shusterman, Erwin Wurm… 106 : Economies - Boris Achour, Neil Cummings & Marysia Lewandowska, Plamen Dejanov, Thomas Demand, Free Food, Anne Graham, Andreas Gursky, Henning Christiansen, Mathieu Laurette, Les Levine, Jean-Luc Moulène, N. E. Thing Co., Maria Anna Parolin, Repohistory, Philippe Thomas, Bernar Venet… 107 : Électrosons_Electrosounds - Critical Art Ensemble, Digital Music, Media Theory, Laptopia, Ryoji Ikeda, Mille Plateaux, Carsten Nicolai, Oval, Pan Sonic, Sensorband… 108 : Beyrouth_Beirut - Hoda Barakat, Gilbert Boyer, Jabbour Dowayhi, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Mona Hatoum, Mahmoud Hojeij, Elias Khoury, L.E.FT, Michel Lesserre, Walid Raad (Atlas Group), Walid Sadek, Jayce Salloum, Mohamad Soueid, Paola Yacoub, Akram Zaatari… 109 : anonymat_anonymity - Vanessa Beecroft, Maurizio Cattelan, General Idea, Kojo Griffin, Janice Gurney, Ellen Harvey, Thomas Hirschhorn, Pierre Huyghe, Germaine Koh, La Société Anonyme, Édouard Levé, Ernesto Neto, David Rokeby, Joachim Schmid, Ann-Sofi Sidén, Santiego Sierra, Space Invaders, Tatiana Trouvé… 110 : Économies bis_ Economies-biz - Maria Eichhorn, Andreas Gursky, Thomas Hirschhorn, Cildo Meireles, Andreas Seikmann, Murakami Takashi, Philippe Thomas, Toro Lab…
111 : Démocratie_Democracy - Archi Media, Francis Alys, Sylvie Blocher, Dias et Rietveg, Éric Dupont, Harun Farocki, Thomas Hirschorn, Craigie Horsfield, Nadia Lauro, Jean-Luc Moulène, Nadia Myre, Jana Sterbak… 112 : Corps automates_ Automata - Gilles Barbier, Venessa Becroft, Jake + Dinos Chapman, Max Dean, Olivier Dollinger, Thomas Grünfeld, Mark Hansen + Ben Rubin, Natalie Jeremijenko, Marie Legros, Édouard Levé… 113 : Écrans numériques_Digital screens - Vito Acconci, Janet cardiff, Rem Koolhaas, Mona Hatoum, Daniel Libeskind, Rafael Lozano-Hemmer, Net.Art, Chris Marker, Kas Oosterhuis, Stephen Perrella, QFRONT, Michal Rovner, Carolee Schneemann, Wolfgang Staehle, Amy Talkington, Gillian Wearing, Grahame Weinbren… 114 : Shanghai - Lu Chunsheng, Yang Fudong, Xiang Liqing, Ken Lum, Qingyun Ma, Wang Peijun, Zhang Peili, Zhou Tiehai, Wang Wei, Qian Weikang, Shi Yong, Chen Zhen, Xu Zhen, Yang Zhenzhong 115 : Résistance_Resistance. Chantal Pontbriand, Bernard Lamarche, Lori Waxman, Jean-Ernest Joos, Catherine Grout, Élisabeth Wetterwald, Mark Durden et_and David Campbell, André-Louis Paré. 116 : SÃO PAULO. Chantal Pontbriand, Suely Rolnik, Laymert Garcia dos Santos, Mário Ramiro, Lucio Agra et_and Otávio Donasci, Christine Mello, Ivo Mesquita, Nabil Bonduki, Lucas Bambozzi et_and Ricardo Rosas. 117 : <DESIGN>. Chantal Pontbriand, Alexandra Midal, Alex Coles, Évence Verdier, Christophe Domino, Martí Guixé, Alexandra Baudelot, Jean-Louis Violeau, Stephen Wright. 118 : <DESIGN>. Chantal Pontbriand, Lisette Lagnado, Stephen Wrigh, Magali Nachtergael , Alex Coles, Louis Jacob. 119 : X HUMAIN - IA - AI. Roberta Buiani, Jean-Pierre Cometti, Carol Gigliotti, Marie-Christiane Mathieu, John Menick, Philippe Pasquier, Martina Russo, David Tomas. 120 FRONTIÈRES_BORDERS. Chantal Akerman, Jean-Pierre Aubé, Ruth Beckermann, Gilbert Boyer, Miwon Kwon, Makrolab, Melik Ohanian, … 121 EXTRA HUMAIN - SC _ EXTRA-HUMAN - CS. Des textes sur_texts on: Berdaguer & Péjus, Peter Campus, Pascal Grandmaison, Carsten Höller, Mike Kelly… Par_by: Terence Dick, Stefan Jovanovic, Jacinto Lageira, Todd Meyers + Richard Baxstrom, Chantal Pontbriand, Eduardo Ralickas, Jean-Pierre Rehm, Stephen Wright…
122 TRAVAIL ** WORK  Des textes sur_texts on: BGL, Raphaëlle de Groot, Coco Fusco, Steve McQueen, Jean-Luc Moulène, Tatiana Trouvé… Par_by: Nathalie Delbard, Marie Fraser, Maurizio Lazzarato, Joseph Mouton, Derek Conrad Murray, Victor Tupitsyn, Jean-Philippe Uzel 123 VIOLENCE PSYCHO - Des textes sur_Texts on: Ron Athey, Franko B., David Cronenberg, Bruno Dumont, Philippe Grandrieux, Michael Haneke, Maria Marshall, Daniel Joseph Martinez, Shahryar Nashat, Catherine Opie, Gina Pane … Par_by: Tim Clark, Christa Blümlinger, Amelia Jones, Jean-Ernest Joos, Thérèse St-Gelais, Giovanna Zapperi 124 VIOLENCE UNLIMITED - Des textes sur_Texts on: Adel Abdessemed, Ali Assaf, Constanza Camelo, Kendell Geers, Rabih Mroué, Radek Community, Guia Rigvava, Artur Zmijewski... Par_by: Kinga Araya, Nicolas Exertier, Guitemie Maldonado, Frédéric Maufras, Derek Conrad Murray, Chantal Pontbriand, Slavoj Zizek... PARACHUTE 125 LA HABANA - Des textes sur_Texts on: Juan Carlos Alom, Tania Bruguera, Elvis Céllez, Felipe Dulzaides, Adonis Flores, René Francisco, Flavio Garciandia, Luis et Miguel, Grupo Arte Calle, José Hidalgo, Manuel Piña, Wilfredo Prieto, Eduardo Ponjuán, Lázaro Saavedra... Par_by: Héctor Antón Castillo, Elvia Rosa Castro Martin, Antonio Eligio Fernández(Tonel), Dalila López Arbolay, Magaly Espinosa, Magda González-Mora Alfonso, Orlando Hernández, Eugenio Valdès Figueroa... ESSAI VISUEL_VISUAL ESSAY: Carlos Garaicoa

Couverture 121 _ Cover 121 : Pascal Grandmaison, SOLO (Extrait vidéo_video still), 2003, projection en boucle_looped projection, 20 min; photo reproduite avec l’aimable permission de l’artiste_courtesy the artists et_and Galerie René Blouin, Montréal.

PARACHUTE 121
EXTRA HUMAIN – SC _ EXTRA-HUMAN
01. 02. 03. 2006


Sommaire

>> extra humain SC… l'expérience
>> extra human CS… experience
par_by Chantal Pontbriand

Résumés_Abstracts

Peter Campus
>> Le corps en point de vue
Peter Campus
>> The Body in View
par_by Jacinto Lageira

Carsten Höller
>> Vertige \\ le Kairòs à l'œuvre
Carsten Höller
>> Vertigo \\ the Kairos in the Work
par_by Chantal Pontbriand

Atau Tanaka
>> Le corps sous tension ou de l'éloquence du geste
Atau Tanaka
>> Live Bodies, or the Eloquence of the Gesture
par_by Louise Provencher

>> Sensorium: New Media Complexities for Embodied Experience
by Caroline A. Jones

>> Lorsque le cinéma pense l'affect : Le gigolo et sa magie douce
>> Cinema Thinking Affect: The Hustler's Soft Magic
by_par Todd Meyers + Richard Baxstrom

>> Les limites du spéculaire : Notes sur le travail de Pascal Grandmaison
>> The Limits of the Specular: Some Notes on the Work of Pascal Grandmaison
by_par Stefan Jovanovic

Échos et mouvances

>> Pour une esthétique de l'autognosie
by_par Eduardo Ralickas

Livres et revues_Books and Magazines

Rachel Lauzon, Frédéric Maufras, Derek Conrad Murray, André-Louis Paré, Petra Rigby Watson, Stephen Wright


Sommaire

extra humain SC… l'expérience

Comment nommer cette interface entre le cognitif et la conscience, entre la perception et l'esprit? Ce deuxième numéro consacré à l'extra humain et au cognitif propose d'explorer ce territoire de la pensée qui demeure encore largement inconnu (voir PARACHUTE 119 X Humain IA).

Pourquoi se tourner aujourd'hui vers la découverte de ces phénomènes liés à l'être et à la conscience du monde? Le monde actuel nous interpelle dans cette direction : tous les sens sont sollicités quand ils ne sont pas envahis par cette surmodernité qui se caractérise par l'accélération des processus en tout et par la surinformation qui nous entourent, nous pénètrent et nous interpénètrent. La communication par les sens, tous les sens, est intensifiée à un degré jamais éprouvé auparavant dans l'existence. Qu'en est-il de l'expérience qui en résulte, de l'expérience du monde, de l'expérience de soi?

Comment se négocie-t-on une place, un territoire à soi, dans cet envahissement techno-bio? Comment l'expérience actuelle du monde enrichit-elle la conscience de soi, la conscience de l'autre, le monde dans lequel on est? Comment, par contre, lutter contre l'anéantissement de soi que ce raz-de-marée sensoriel et cognitif impose à ses heures?

Les auteurs de ce numéro analysent quelques cas de figure dans la jungle des sensations. Jacinto Lageira se penche sur l'œuvre de Peter Campus. Artiste américain de taille, connu pour ses travaux subtils réalisés depuis les années mille neuf cent soixante-dix, Campus travaille le corps et l'image spéculaire faisant « exister » le corps, Lageira reprenant l'expression de Sartre que la conscience du corps « existe son corps ». Carsten Höller, tel que je l'avance dans le texte que je signe, chercherait pour sa part ce « courant alternatif qui éclaire l'existence » (Antonio Negri). Ses œuvres invitent le spectateur à expérimenter, faut-il dire plutôt « expériencer », des perceptions et des sensations hors du commun. Elles attirent l'attention sur le vivre plutôt que sur l'être de la chose, et ouvrent l'instant présent à des réalités insoupçonnées.

Atau Tanaka, musicien japonais, « joue avec » ses gestes, comme le dit Louise Provencher. Corps et technique s'allient pour étendre les possibles au sein de la conscience : ultrasons, biosignaux et infrasons composent cette pratique dans la lignée révolutionnaire et engagée d'un John Cage. Pascal Grandmaison produit des images liées à la technique, mais surtout à la conscience qui se développe avec la technique, comme l'explique Stefan Jovanovic. Grandmaison joue pour sa part de l'infraperception et du sens renouvelé du temps et de l'espace qui en découle. Être dans le monde : comment on est dans le monde? Comment être dans le monde? Comment exister? Voilà encore des questions qui surgissent chez Todd Meyers et Richard Baxstrom. Ils explorent les univers des cinéastes Gus Van Sant, Larry Clark et Tim Hunter, et leurs films sur l'adolescence, période de la vie où la conscience se développe et où des processus intenses d'humanisation s'enclenchent sur un mode distinctif qui se sépare de la vie adulte. Enfin, Caroline A. Jones nous donne en primeur un extrait de son essai pour le livre Sensorium, qui accompagnera l'exposition du même nom à la List Gallery au MIT en 2006.

Quelle sorte de sujets devenons-nous avec nos cerveaux connectés logés dans des viscères charnels et neuronaux? Elle pose cette question et trouve des hypothèses pour y répondre dans les travaux des artistes qu'elle décrit : Matthieu Briand, Janet Cardiff et George Bures Miller, Natascha Sadr Haghigian, Ryoji Ikeda, Christian Jankowski, Bruce Nauman, François Roche, Anri Sala, et Sissel Tolaas. Aliénation et résistance se manifestent de pair dans ce nouvel univers, données de notre contemporanéité coexistentielle. Le soi se démultiplie et oscille, comme le dirait la philosophe Catherine Malabou, entre une flexibilité imposée maladive et une plasticité créative qui demeure toujours la prérogative du… cerveau humain.

Chantal Pontbriand

extra human CS… experience

How should the interface between cognition and consciousness, or between perception and mind, be called? This, our second issue devoted to the extra-human and cognitive spheres, explores such territory of thought, which remains largely uncharted (see PARACHUTE 119 X human - AI).

What are the reasons for this contemporary turn towards the discovery of phenomena related to being and the consciousness of the world? The world compels us in this direction: all the senses are engaged, even bombarded, by this super-modernity which is characterized by the acceleration of all processes and by the information overload that penetrates and interpenetrates us. Communication through the senses-all the senses-has been intensified to a degree never before experienced. What is the nature of the resulting experience, the experience of the world and of self?

How is one to negotiate a place or a territory for the self in this techno-bio invasion? How does the present experience of the world enrich the consciousness of self, the consciousness of the other, and the world in which we exist? How, on the other hand, is one to struggle against the annihilation of the self which this sensory and cognitive tidal wave occasionally imposes?

The authors in this issue highlight some themes in the welter of sensory information. Jacinto Lageira probes the work of Peter Campus. A major American artist who is known for the subtle works he has been creating since the 1970s, Campus addresses the body and the specular image that makes the body "exist"-see Lageira's reworking of Sartre's idea according to which "consciousness exists its body." As I argue in the text which I have contributed, Carsten Höller seeks "the alternative current that illuminates existence" (Antonio Negri). His works invite the viewer to experience perceptions and sensations that are out of the ordinary. They draw attention more to the living than to the being of things, thereby opening the present moment to unsuspected realities. Atau Tanaka, a Japanese musician, "plays with" his gestures, as Louise Provencher explains.

Body and technology combine to extend the possibilities into consciousness: ultrasounds, bio-signals, and infrasounds are the elements of this practice for which a predecessor can be found in the revolutionary and engaged work of John Cage. Pascal Grandmaison produces images related to technology, but even more to the consciousness that develops with technology, as Stefan Jovanovic explains. Grandmaison plays with infra-perception and the renewed sense of time and space that follows from it. To be in the world: how are we in the world? How does one exists in the world? How to exist? These are some of the questions that emerge in Todd Meyers and Richard Baxstrom's essay. They explore the world of filmmakers Gus Van Sant, Larry Clark, and Tim Hunter, or more particularly their films on adolescence-the stage of life when conscience develops and in which an intense process of humanization leads to a distinctive mode of being that must not be conflated with adult life. Finally, Caroline A. Jones offers us an excerpt from her essay contribution to the forthcoming book Sensorium, which will accompany the exhibition of the same name at the List Gallery at MIT in 2006.

"What kinds of subjects are we becoming, in these networked brains embedded in their fleshy, neuronal viscera?" she asks. Jones explores several hypotheses to answer this question by examining the works of the artists she describes: Matthieu Briand, Janet Cardiff/George Bures Miller, Natascha Sadr Haghigian, Ryoji Ikeda, Christian Jankowski, Bruce Nauman, François Roche, Anri Sala, and Sissel Tolaas. Alienation and resistance are both manifest in this new universe-they are kinds of "data" of our co-existential contemporary mode of being. The self shifts and oscillates, as philosopher Catherine Malabou posits, between an imposed and pathological flexibility and a creative malleability that always remains the prerogative of . . . the human brain.

Chantal Pontbriand
Translated by Mark Heffernan


Résumés_Abstracts

Peter Campus
Le corps en point de vue
par Jacinto Lageira

À partir de conceptions théoriques issues de la phénoménologie cognitive, l'auteur de cet essai fait une lecture des installations que l'artiste américain Peter Campus a réalisées dans les années 1970. Dans cette perspective, les œuvres Optical Sockets, Interface et Negative Crossing sont notamment examinées par l'auteur pour leur façon de situer concrètement le spectateur au sein de dispositifs en circuit fermé qui révèle l'intrication décalée ou en phase de l'expérience vécue avec les représentations mentales. De ce fait, l'analyse met l'accent sur une définition du sujet où l'esprit est étendue à sa corporéité, c'est-à-dire à la perception visuelle, la perception du mouvement, de l'espace et du temps.

Peter Campus
The Body in View
by Jacinto Lageira

Basing himself on theories that stem from the field of cognitive phenomenology, the author re-reads the installation works of American artist Peter Campus created in the 1970s. From this perspective, works such as Optical Sockets, Interface and Negative Crossing are examined for their capacity to situate the spectator concretely within closed-circuit installation devices that disclose shifts or displacements between lived experience and mental representations. In this light, the analysis proceeds to define the subject in such a way as to conceive the mind as co-extensive with corporeality. In other words, the mind here inhabits such bodily phenomena as visual perception, the perception of movement, and the perception of space and time.


Carsten Höller
Vertige \\ Le Kairòs à l'œuvre
par Chantal Pontbriand

Dans cet essai, l'auteure analyse les œuvres de Carsten Höller en mettant en relief leur capacité à projeter le spectateur au sein d'expériences qui altèrent les sens et où la logique d'un sujet rationnel objectivant le monde est mise de côté. En effet, des œuvres telle que Karrousel, soulève le vertige par la vitesse de sa rotation et par sa décoration lumineuse tandis que Flying Machine radicalise ce phénomène en invitant le spectateur à emprunter le point de vue d'un oiseau en vol. Que ce soit aussi dans la distortion des limites physiques, dans la modification de l'échelle des objets réels ou dans la confrontation de l'humain avec un alter ego animalier, les œuvres de Höller, conclut l'auteure, ouvrent à la découverte de soi et de l'autre.

Carsten Höller
Vertigo \\ The Kairos in the Work
by Chantal Pontbriand

In this essay, the author analyses various works by Carsten Höller by placing a particular emphasis on their capacity to project the spectator into experiences that alter the senses. As well, she contends that Höller's work suspends the logic that underpins the rational subject who objectifies the world. In fact, works such as Karrousel give rise to vertigo by means of an experience of velocity through rotation, and by making use of luminous decorative components. Other works such as Flying Machine radicalize this phenomenon by inciting the beholder to embody a bird's eye point of view. Whether it is by making use of the physical limits of the body, the modification of the scale or real objects, or by confronting the human with its animal alter-ego, Höller's work opens up experience to the discovery of the self through the other.


Atau Tanaka
Le corps sous tensions ou de l'éloquence du geste
par Louise Provencher

L'auteure de cet essai analyse la pratique d'Atau Tanaka, artiste dont le travail consiste depuis plus de dix à révéler le monde sonore du corps et de sa gestuelle. Il le fait notamment lors de performance au moyen de BioMuse, un système midi permettant l'amplification de signaux bioélectriques et leur traitement numérique. Après avoir situé le travail de Tanaka dans le sillage des innovations technologiques d'Étienne-Jules Marey, l'auteure suggère que le type d'expérimentation mis de l'avant par l'artiste montre l'importance du biofeedback dans sa façon de revéler le potentiel autopoïétique d'un organisme en contact avec son environnement. Aussi, le travail de l'artiste aurait pour effet d'interroger la marchandisation des technologies et les visées utilitaristes qui l'anime. Le recours de Tanaka aux technologies permet plutôt d'accroître la compréhension de l'intelligence humaine révélant, entre autres, son intrication avec le corps et sa charge expressive.

Atau Tanaka
Live Bodies, or the Eloquence of the Gesture
By Louise Provencher

In this essay the author analyzes the practice of Atau Tanaka, an artist whose work over the past ten years consists in revealing the sonic aspects of the body and its gestures. Tanaka achieves his corporeal sound pieces during performances with his BioMuse system, which uses MIDI to amplify bio-electronic signals and to transform them into digital data. After having placed Tanaka's work in the tradition of technological innovation associated with Etienne-Jules Marey, the author contends that the type of experimentation fostered by Tanaka points to the importance of bio-feedback in its ability to reveal the auto-poetic potential of a given organism in contact with its environment. As well, the artist's work interrogates the process whereby technologies are commodified as well as its concomitant utilitarian ethos. Tanaka's use of technology affords a greater understanding of human intelligence, thereby revealing, among other things, technology's imbrication with the body and its expressive charge.


Sensorium: New Media Complexities for Embodied Experience
by Caroline A. Jones
(article publié seulement en anglais)

Cet essai proprose une réflexion théorique et historique sur l'émergence des expériences coporelles, technologiques et sensorielles dans la culture contemporaine. L'auteure postule que les conditions modernistes qui ont dominé les fonctions sensorielles et corporelles du sujet américain depuis la Seconde Guerre Mondiale sont désormais dépassées. À travers des analyses détaillées de projets d'art contemporains, Jones interroge ce qu'elle désigne par sensorium, soit la façon dont sont coordonnés les perceptions du corps et les signaux proprioréceptifs ainsi que l'enveloppe changeante qui constitue le soi. Parmi les artistes retenus par l'auteure, il y a Mathieu Briand, Christian Jankowski, Anri Sala, Janet Cardiff + George Bures Miller, François Roche, et Sissel Tolaas. Cet essai est une version d'un texte qui sera publié en 2006 dans le catalogue de l'exposition "Sensorium" qui se tiendra au MIT's List Visual Arts Center.

This essay is a theoretical and historical reflection on the rise of embodied experience, technology, and sensorial art in contemporary culture. The author argues that the modernist conditions that colonized the sensory and bodily functions of the American subject in the post-war period have shifted. By means of close analyses of key contemporary art projects, Jones questions what she terms the sensorium, which is the subject's way of coordinating the body's perceptual and proprioceptive signals, and the changing envelope that constitutes the self. Some of the artists examined include Mathieu Briand, Christian Jankowski, Anri Sala, Janet Cardiff and George Bures Miller, François Roche, and Sissel Tolaas. This essay is a version of a text that will be published in 2006 to accompany the "Sensorium" exhibition at MIT's List Visual Arts Center.


Lorsque le cinéma pense l'affect: Le gigolo et sa magie douce
par Todd Meyers + Richard Baxstrom

En analysant une série de films traitant de la nature et de l'étendue du monde des adolescents (des films tels que Kids de Larry Clark, Elephant de Gus Van Sant et River's Edge de Tim Hunter), les auteurs proposent que l'adolescence n'est pas le passage de l'enfance à la vie adulte. Ils croient plutôt que l'adolescence est une forme radicale d'altérité qui marque un moment dans la trajectoire du devenir humain. Leurs analyses extraient des films les tropes liés au sexe et à la mort pour les examiner en terme de ce qui est humain et de ce qui est non-humain. En cela, les auteurs jettent un nouvel éclairage sur la codification de la différence qui produit les fondements de l'humanité.

Cinema Thinking Affect: The Hustler's Soft Magic by Todd Meyers + Richard Baxstrom

By means of an examination of a series of films that deal with the nature and scope of the adolescent world (such as Larry Clark's Kids, Gus Van Sant's Elephant, and Tim Hunter's River's Edge), the authors contend that adolescence is not a passage from childhood to adulthood. Rather, they argue that adolescence is a radical form of otherness that signals a moment on the road to becoming human. Their analysis draws from the repertoire of recent adolescence films in order to examine the tropes of sex and death as they are deployed in the valuation of the terms human and non-human, thereby shedding new light on the coding of difference that produces the ground of humanness.


Les limites du spéculaire: Notes sur le travail de Pascal Grandmaison
Par Stefan Jovanovic

Selon l'auteur de cet essai, le travail de l'artiste montréalais Pascal Grandmaison rejoint les enjeux traités dans un discours récent sur l'intermédialité. À partir d'une analyse de certaines de ses dernières œuvres, l'auteur suggère que Grandmaison interroge la logique référentielle et les conventions phénoménologiques qui sous-tendent la réception des images médiatique dans notre culture hypermédiatisée. Les installations vidéo et les photographies de Grandmaison font un usage fréquent du processus de « remediation ». Celui-ci engage en effet une expérience au cours de laquelle les médias s'excèdent dans la mesure où ils impliquent un désir de transparence totale et le processus continu de leur multiplication. Ainsi, dans des œuvres comme Verre (2004) et Mon ombre (2005), le Réel est simultanément affirmé et nié. Finalement, ces notions sont, par extension, développées du côté de la perception du sujet lui-même, dont l'intériorité devient une partie de l'expérience de Solo (2003). Ici, la méditation de la réflexion spéculaire est à la fois le moyen et l'obstacle d'une présence immédiate à soi.

The Limits of the Specular: Some Notes on the Work of Pascal Grandmaison
by Stefan Jovanovic

According to the author, the work of Montreal artist Pascal Grandmaison is bound up with the concerns of new intermedia discourses. By means of a close analysis of key works stemming from the artist's recent corpus, the author contends that Grandmaison seeks to question the referential logic and phenomenological conventions that subtend the viewer's reception of media images in our hypermediatized culture. Grandmaison's installations and photographs, which make frequent use of processes of remediation, give rise to an experience in which media are in excess of themselves, insofar as they entail both the desire for total transparency and for an endless process of media multiplication. Thus, in works such as Verre (2004) and Mon ombre (2005), the Real is simultaneously affirmed and denied. In closing, these reflections are shown to extend to the domain of the viewing subject itself, whose "interiority" becomes part of the experience of Solo (2003). Here, the mediation of specular reflections are both the means and the barrier for achieving self-presence.


Échos et mouvances

Pour une esthétique de l'autognosie
par Eduardo Ralickas

Dans cet essai, l'auteur opère une critique du travail récent de la peintre montréalaise Marie-Claude Pratte. Entre 2000 et 2005, cette artiste a créé une série de tableautins dont la facture rappelle tantôt l'expressionnisme allemand, tantôt l'univers ludique des bandes dessinées. Le projet en question, intitulé H.A.C. (histoire de l'artiste contemporain), tente d'esquisser une histoire cynique de l'artiste contemporain en évoquant de multiples scènes liées à l'émergence de cette figure. De par sa plus récente exposition au Musée national des beaux-arts du Québec, H.A.C. s'est affirmé en tant que projet de critique institutionnelle. L'auteur se penche sur les fondements épistémologiques et éthiques de l'installation en s'appuyant sur des discours issus de l'histoire de l'art et de la philosophie de l'histoire. Selon lui, la question suivante s'impose : la fonction auctoriale incarnée par l'artiste est-elle la cause ou le symptôme du « système » historique mis en place dans H.A.C.? En analysant l'impensé au cœur de l'œuvre, il tente de situer l'identité artistique de Pratte (laquelle est désvouée par la structure même de l'œuvre). L'ultime horizon qui se cache derrière la trame narrative de H.A.C. se veut alors la question de la réification du sujet.

Pour une esthétique de l'autognosie
by Eduardo Ralickas
(this essay is published in French only)

In this "echoes and shifts" essay whose English title would read: "For an Aesthetics of Autognosis," the author reconsiders the recent work of Montreal painter Marie-Claude Pratte. Between 2000 and 2005, Pratte created an extensive series of small paintings whose facture recalls both German Expressionism and contemporary cartoons. The series in question attempts to construct a cynical account of the history of the contemporary artist, hence its title: H.A.C. (histoire de l'artiste contemporain). In its most recent instalment, H.A.C. was shown at the Musée national des beaux-arts du Québec in an act of explicit institutional critique. The author seeks to examine the epistemological and ethical underpinnings of such an endeavour; by means of an excursion into the art-historical and philosophical implications of such a history, he questions whether the author function embodied by the artist is the cause or the symptom of her historical "system." In reconsidering the unthought and uncharted sites of the artist's locational project (which entirely disavows the task of situating her artistic identity, be it in a negative or positive mode of representation), he posits that the ultimate horizon that lurks beyond the scope of this history is the issue of the subject's reification.


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